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Haïti, enfants
Une décennie s’est écoulée depuis le tremblement de terre qui a terrassé Haïti en janvier 2010. L’occasion pour l’Agence française de développement (AFD), qui intervient sur l’île depuis 1976, de dresser un bilan d’étape de son action dans le processus de reconstruction du pays.

Environ 300 000 morts, 300 000 blessés graves et 1,5 million de sans-abri. Le bilan humain du séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 résume à lui seul l’ampleur du désastre. Depuis, l’AFD redouble d’efforts au chevet d’un pays meurtri, dans un contexte politique et social difficile. 

En dix ans, 1 700 000 personnes – soit 15 Haïtiens sur 100 – ont ainsi bénéficié directement des financements de l’AFD dans les secteurs prioritaires de l’agriculture, des services urbains, de la santé, de l’éducation et de la gouvernance. Au terme du projet de reconstruction, 500 000 personnes bénéficieront également de soins de qualité dans l’hôpital universitaire d’Haïti.

Pour l’AFD, il ne s’agit pas seulement d’aider à reconstruire, mais de reconstruire sur des bases durables. Avec des acteurs fortement implantés et en associant l’ensemble des parties prenantes, habitants inclus. Y parvenir passe par une forte implication de la société civile mais aussi des PME, afin de réduire les besoins d'assistance extérieure et d'importations. Le point précis sur la situation en cinq questions-réponses. 
 

1Dix ans après le séisme, le pays s’est-il relevé de cette catastrophe ?

La situation est très tendue en Haïti depuis la mi-septembre 2019, avec des manifestations accompagnées de violences. Cette crise politique et sociale affecte la reconstruction de l’île et la mise en œuvre des projets de l’AFD. Mais dix ans après le séisme, un long chemin a été parcouru, et l’AFD y a contribué : les 250 millions d’euros engagés depuis cette date ont permis d’aider 1,7 million d’Haïtiens.

 

2L’instabilité qui touche le pays permet-elle de continuer à mener à bien les projets engagés et à venir ?

L’AFD s’attache à assurer la continuité de son activité, en soutien à la population haïtienne. Le suivi et les instructions de projets se sont poursuivis ; deux financements ont été alloués au cours du quatrième trimestre 2019 dans le secteur de la santé (programme de santé maternelle et infantile et complément de ressources à la reconstruction de l’hôpital universitaire). Un troisième devrait suivre en janvier 2020, pour un programme d’irrigation dans le sud d’Haïti.

 

3Comment l’AFD s’assure-t-elle de la bonne allocation de ses financements ?

L’AFD vérifie la bonne allocation des ressources à toutes les étapes des projets, en coopération avec les institutions haïtiennes. Elle suit des procédures strictes visant à contrôler précisément l’utilisation des subventions, qui proviennent du budget de l’État français ou qui lui sont déléguées par d’autres institutions publiques, l’Union européenne en particulier. 

En amont de chaque projet, un travail de préparation est réalisé, en coopération avec le ministère technique ou l’institution publique concernée, en définissant précisément les objectifs poursuivis, les impacts attendus, les activités à réaliser, le mode opératoire, les marchés à passer. Ensuite, l’AFD opère un suivi financier très cadré, en émettant les fonds au fur et à mesure de l’avancée réelle des projets.

 

4Quels sont les axes prioritaires d’intervention de l’AFD ?

Depuis 2010, les actions de l’AFD ont porté principalement sur les secteurs du développement rural, de la sécurité alimentaire, de la réhabilitation de quartiers précaires et de la santé. À cet égard, la reconstruction de l’hôpital universitaire d’Haïti, entrée dans sa phase terminale, constitue l’un des projets emblématiques de la décennie. À sa mise en exploitation, il permettra à 500 000 personnes de bénéficier de soins de qualité. Dans le même secteur, 900 000 personnes ont par ailleurs pu bénéficier d’une meilleure qualité des services de santé de la reproduction et de planification familiale.  

À horizon 2020, l’AFD aura notamment contribué à améliorer les conditions de vie de 50 000 familles grâce à un meilleur accès à l’eau. C’est également 2 500 hectares de surfaces caféières qui ont été restaurés, et 600 nouveaux hectares de cultures de cacao.

Désormais, les priorités de l’AFD portent sur l’éducation et la formation professionnelle, ainsi que l’environnement. En matière d'éducation, les objectifs sont ambitieux : d’ici à 2021, il s’agit de contribuer à scolariser 400 000 enfants en CM1, CM2, 6e et d’accueillir en formation professionnelle 3 700 jeunes, dont 25 % de femmes. Cela passera par la construction de 40 écoles primaires et de 20 établissements secondaires, la mise à niveau du centre pilote de formation professionnelle et l’appui à 6 centres de formation dans le pays. 

 

5Les chantiers de reconstruction menés depuis dix ans permettent-ils de prévenir une nouvelle catastrophe humanitaire en cas de séisme ?

Pour reconstruire les quartiers précaires, les schémas d’aménagement ont été élaborés avec les habitants. Ils participent à prévenir les risques futurs et à protéger le pays de potentielles nouvelles crises. 

Les projets d’aménagement urbain ont ainsi permis la création de deux places publiques et la construction de 4 307 mètres de voies piétonnes. Des routes ont été créées, une ravine et plus de 100 citernes de stockage d’eau aménagées. Des murs de soutènement ont également été construits pour protéger des quartiers des inondations ou des glissements de terrain et des aménagements urbains pilotes s’installent. 

En matière de logement, des formations aux techniques de construction parasismique ont été dispensées à 250 particuliers et artisans. Plus de 250 maisons ont été évaluées en vue d’une reconstruction ou d’un renforcement et 325 logements individuels ont déjà été construits ou renforcés. Il reste beaucoup à faire, mais les choses s’améliorent peu à peu.